Faire connaître l’enseignement agricole : tout un programme
Publié le jeudi 3 septembre 2026
Le secteur agricole est aujourd’hui confronté à un défi démographique majeur. Selon les données d’Agreste, en 2020, la moitié des exploitations agricoles étaient dirigées par au moins un·e exploitant·e âgé·e de 55 ans ou plus. Plus inquiétant encore, un tiers des agriculteur·rices concerné·es ne savaient pas ce que deviendrait leur exploitation dans les trois années à venir.
C’est dans ce contexte, que pour la première fois une loi assigne à un service public d’éducation la mission de former les futur·es professionnel·les d’un secteur en lui fixant des objectifs ambitieux :
- Augmenter de 30 % le nombre d’apprenant·es dans l’enseignement agricole technique d’ici à 2030, soit 70.000 jeunes ;
- Accroître de 75 % le nombre de vétérinaires et de 30 % le nombre d’ingénieurs agronomes.
Entre imaginaire collectif et méconnaissance
L’installation en agriculture demeure encore souvent associée à la transmission familiale. Dans l’imaginaire collectif, un jeune agriculteur hériterait d’une exploitation familiale transmise de génération en génération. Ce qui est de moins en moins le cas. Par ailleurs, le salariat occupe une place croissante avec des emplois qualifiés. Les exploitations agricoles ont besoin de techniciens, mais aussi de managers.
Comme de nombreux métiers manuels, ce secteur souffre d’une image dévalorisée et d’une méconnaissance. Si la population reconnaît volontiers son utilité sociale, puisque l’agriculture contribuent à nourrir la population, peu de parents encouragent leurs enfants vers l’enseignement agricole.
Un secteur en crise qui continue d’attirer des jeunes
Les difficultés du monde agricole sont régulièrement mises en avant par les médias et les mobilisations professionnelles. Cela donne l’image d’un secteur en crise permanente et peu attractif.
Les amplitudes horaires importantes ou les revenus parfois insuffisants, peuvent décourager les vocations. Pourtant, les jeunes qui choisissent les métiers du vivant le font généralement avec une forte motivation et une connaissance précise des contraintes associées à ces professions.
Moins de 10 % des élèves de l’enseignement agricole ont des parents agriculteurs ou travaillant dans ce secteur. Les 90 % restants sont qualifiés de « non issus du milieu agricole » (NIMA), ce qui démontre la capacité de l’enseignement agricole à attirer un public diversifié.
Développer encore l’attractivité de la filière
Le PNOD repose sur cinq axes stratégiques ayant pour objectif de renforcer la découverte des métiers, améliorer l’orientation, développer la promotion des formations, enrichir l’offre de formation et optimiser les ressources disponibles.
L’une des principales innovations du programme consiste à intervenir bien en amont des choix d’orientation effectués en classe de 3e. Au-delà des journées portes ouvertes et des mini-stages, il s’agit désormais de multiplier les occasions de découverte des métiers du vivant dès le plus jeune âge.
Favoriser l’orientation vers l’enseignement agricole suppose également une coopération renforcée entre les acteurs de l’éducation nationale et ceux de l’enseignement agricole. Dans chaque département, un délégué de l’enseignement agricole sera chargé de cette mission. Cette logique de réseau accentuera la mise en avant de la marque « L’Aventure du Vivant ».
Un enjeu pour l’avenir
À travers le PNOD, c’est toute la filière agricole, agroalimentaire, environnementale et rurale qui est appelée à se renforcer. Dans un contexte marqué par les crises alimentaires, les débats sur l’usage des pesticides, les enjeux climatiques et la hausse des prix alimentaires, l’agriculture est souvent réduite à des controverses qui masquent sa diversité et sa capacité d’innovation.
L’enseignement agricole dispose pourtant de nombreux atouts pour répondre aux attentes de la société. En formant des jeunes qualifié·es, engagé·es et porteur·ses de nouvelles idées, il contribue à préparer les transformations nécessaires du secteur.
Le renouvellement des générations agricoles constitue non seulement un défi économique, mais également un enjeu stratégique pour l’avenir de la souveraineté alimentaire et du développement durable en France.






