CSA ministériel 18 mars 2025 Déclaration liminaire commune SEA-UNSA/UNSA-AAF
Madame la Présidente,
Mesdames, Messieurs,
Nous sommes réunis aujourd’hui dans un contexte où les enjeux pour l’avenir du service public n’ont jamais été aussi cruciaux. Les agents, tout comme les usagers, sont pleinement conscients des défis qui se posent : externalisations, précarisation accrue, et marchandisation des services. Les moyens budgétaires sont réduits et les annonces d’augmentation du budget de la défense « sans augmenter les impôts » inquiètent sur de nouvelles réductions du budget du Ministère. L’UNSA est claire : « Défense et modèle social : pas l’un sans l’autre ! ». Ces dynamiques menacent non seulement les missions fondamentales du service public, mais aussi les valeurs mêmes qui le sous-tendent.
Alors qu’un budget a été finalement adopté, l’UNSA ne se résigne pas à la mesure budgétaire honteuse qui est venue réduire, depuis le 1er mars, l’indemnisation des agents en congé maladie. Cette mesure budgétaire est profondément injuste, elle vient fragiliser des personnels qui, nous le rappelons, ne choisissent pas d’être malades.
Force est de constater une incapacité de nos gouvernants et des forces politiques en responsabilité à comprendre le rôle essentiel de la fonction publique pour préserver et renforcer le lien démocratique de nos sociétés.
Il y a un aveuglement idéologique à ne concevoir le bien commun que sous l’angle d’une gestion optimisée et rationalisée.
Alors que la LOA a été finalement adoptée, l’UNSA exprime son incompréhension face à la teneur finale du texte sur la question environnementale.
L’un des objectifs premiers du texte était de répondre à la crise environnementale par les transitions et l’agroécologie. Or, de manière caricaturale, la droite sénatoriale s’est efforcée d’expurger du texte toute mention de « l’agroécologie ».
Le texte passe ainsi de vingt occurrences du terme après les travaux de l’Assemblée Nationale à zéro après ceux du Sénat. Nous regrettons que Madame la Ministre n’ait opposé à cela qu’une contradiction timide et se soit satisfaite de la réintroduction du terme « transition » à la place de celui « d’adaptation ». Adaptation et transition sont pourtant indissociables et devraient apparaître de manière conjointe dans une loi ayant pour objectif de transformer l’agriculture dans un contexte de changement climatique.
Ce changement climatique va, à l’avenir, apporter son lot de catastrophes naturelles et les derniers évènements à Mayotte et à la Réunion en sont des exemples concrets. Notre ministère va aussi devoir s’adapter à ces situations d’urgence pour mettre en œuvre les aides nécessaires de manière simplifiée et l’accompagnement psychologique auprès de ses agents durement impactés. Le Ministère en charge de l’agriculture doit envoyer un signal fort sur ce point.
Face au manque d’attractivité de nos métiers, la réponse au déficit de recrutement se traduit par une redéfinition des périmètres d’intervention, en contrepartie d’une dégradation effective et préoccupante des conditions de travail des personnels, notamment santé-sociaux et inspecteurs. Toujours en lien avec l’attractivité des métiers et des conditions de travail, certains projets annoncés en 2023 et 2024 attendent encore une concrétisation. Parmi ceux-ci et pas des moindres, la revalorisation de l&rsquo IFSE pour les agents ATS.
L’UNSA tient également à rappeler son attachement au suivi du dossier DUERP des inspecteurs de l’enseignement agricole que nous avons impulsé il y a maintenant plusieurs mois. Des questions étaient en suspens et nous aimerions savoir à quel niveau cela est désormais pris en charge et si les interrogations émises ont trouvé des réponses. Est-il établi que cette fonction particulière soit considérée comme une unité de travail à intégrer dans le DUERP de l’administration centrale ?
La notion d’itinérance est-elle expertisée ? Les mesures de protection nécessaires au bon exercice du métier vont-elles être exposées dans un plan de prévention et sous quel délai désormais ?
Dans le domaine de l’enseignement, l’intersyndicale de l&rsquo EA public (Elan-Commun, SEA-UNSA, FOEA) dénonce une baisse significative des moyens à la prochaine rentrée scolaire. Cette décision ministérielle, imposant à chaque DRAAF de contribuer à ce coup de rabot budgétaire, est inacceptable.
Alors que la LOA demande une intervention de l’État à tous les niveaux en faveur de la souveraineté agricole, réduire l&rsquo EA public compromet le renouvellement des générations et les transitions environnementales. La suppression de 45 postes menace les formations, décourage les futurs apprenants et fragilise les établissements.
Le SEA réaffirme que l’Enseignement Agricole public mérite des investissements massifs, et non pas des coupes budgétaires.
Dans le domaine agricole, les conséquences sont particulièrement alarmantes. Les métiers du contrôle agricole, en pleine mutation, avec le déploiement du contrôle unique, sont menacés de disparition massive, et la décentralisation de la PAC, sans moyen adéquat, accentue les inégalités territoriales.
L’UNSA a alerté Mme la Ministre le 28 février 2025 sur la menace qui pèse sur les inspecteurs de terrain suite aux dernières élections des chambres d’agriculture mais notre demande de protection est restée sans réponse à ce jour.
Dans le domaine sanitaire, les contrôles sanitaires, essentiels à la sécurité de tous, sont dégradés, tandis que l’externalisation, mise en place notamment depuis la mise en œuvre de la police sanitaire unique, augmente les risques d’accidents sanitaires. Pire, les agents publics sont de plus en plus sollicités sur de la supervision des contrôles délégués aux prestataires.
La qualité des contrôles par les délégataires est insuffisante, bâclée et l’expertise de ces sociétés n’est pas au rendez-vous. Non, le privé n’est pas un gage d’efficience. Le privé recherche systématiquement la rentabilité.
Ce délitement des missions a des répercussions directes : une population plus exposée aux risques sanitaires, des bénéficiaires de services publics laissés pour compte, et des agents confrontés à des conditions de travail de plus en plus précaires. La mise à mal des conditions de départ à la retraite, la rémunération au mérite, et l’amplification de la précarité ne sont que quelques exemples des politiques rétrogrades qui s’imposent.
Aujourd’hui, nous prenons nos responsabilités. Nous affirmons notre engagement pour préserver et renforcer le service public, pour défendre les droits des agents, et pour garantir à chaque citoyen un accès équitable à des services de qualité. Ensemble, nous devons construire un avenir où le service public reste un pilier de solidarité, de justice sociale et de progrès.
Intervention dans les instances nationales, régionales et locales.
Parce qu’elles et ils sont infirmier.es scolaires : c’est un dû !
Les infirmier.es des établissements d’enseignement agricole public sont aussi des infirmier.es scolaires avec le même diplôme et pour les mêmes missions que les infirmier.es de l’Éducation nationale, vers la réussite de tous les élèves. Mais sur le terrain, elles et ils œuvrent sans l’appui d’une équipe médico-sociale.
De plus, ces infirmier.es sont un soutien indéniable en étant le premier interlocuteur de santé mentale, santé physique, santé socio-économique de tous nos jeunes qui ne peuvent bénéficier de structures ou de soins car trop éloignés, saturés voire inexistants.
Parce qu’elles et ils s’y investissent totalement, parce qu’elles et ils sont infirmier.es scolaires, le MASA leur doit ce CTI Ségur.
Elles et ils viennent aussi en soutien des personnels de l’ensemble de la communauté éducative des EPLEFPA mais qui se soucie de la santé des infirmier.es qui vivent leur exclusion du CTI Ségur de la part du MASA comme du mépris ?
Parce que leurs missions sont indispensables, parce qu’elles et ils s’y investissent totalement, parce qu’elles et ils sont infirmier.es scolaires, le MASA leur doit ce CTI Ségur.
Ces infirmier.es diplômé.es d’état qui s’occupent de nos élèves, futurs acteurs du monde agricole, méritent la revalorisation des 49 points d’indice, conformément à l’engagement du chef du gouvernement le 30 janvier 2024 devant la représentation nationale, soit 8,04 euros par jour.
Nous vous remercions pour votre attention.