Apprentissage et formation continue en danger : l’État coupe les financements aux régions, qui paiera l’addition ?
Publié le mercredi 2 septembre 2026Fin juillet 2026, le ministère du Travail a notifié aux régions trois décisions :
- non-reconduction du soutien au fonctionnement des CFA
- non-reconduction du soutien à l’investissement,
- fin des « PRIC » (Pactes Régionaux d’Investissement dans les Compétences)
Mises bout à bout, ces non-reconductions ne relèvent plus de l’économie budgétaire mais de l’extinction.
Pour l’apprentissage, crédits aux régions :
- 268 M€ en 2025 → 33 M€ en 2026 → 0 € en 2027.
Pour la formation des demandeurs d’emploi :
- 673 M€ en 2025 → 527 M€ en 2026 → 0 € en 2027.
- 941 millions d’euros en 2025.
- Zéro € en 2027.
La trajectoire était déjà écrite :
- − 88 % sur l’apprentissage
- − 22 % sur la formation des demandeurs d’emploi
Un coup de rabot laisse quelque chose. Ici, il ne reste rien ! « Régions de France » parle d’un désengagement absolu ; son courrier au Premier ministre est resté sans réponse durant l’été.
Une loi d’orientation agricole sans budget d’orientation
En mars 2025, le Parlement faisait de l’agriculture un intérêt général majeur et un intérêt fondamental de la Nation. La LOSARGA crée une sixième mission pour l’enseignement agricole afin de contribuer au renouvellement des générations et fixe des objectifs chiffrés :
- + 30 % d’apprenants par rapport à 2022
- + 30 % d’ingénieurs agronomes,
- + 75 % de vétérinaires.
De plus, elle inscrit, noir sur blanc, l’objectif de sécuriser, voire d’accroître, les moyens financiers et d’investissement des établissements, et prévoit que les contrats de plan régionaux définissent « les engagements de l’État en termes de moyens ».
Dix-sept mois plus tard, ces engagements valent zéro euro.
- Ce que l’État abandonne, ce sont des territoires ruraux déjà en souffrance
Les CFA et CFPPA de nos EPLEFPA forment là où il n’y a plus de train, plus de guichet, plus de trésorerie. Ils sont, avec le réseau France services agriculture, les points d’ancrage de l’installation et de la transmission.
On ne décrète pas la souveraineté alimentaire : on la forme, on la finance ou on la perd.
Le SEA-UNSA refuse que la formation soit une variable d'ajustement du prochain budget !
Comme de nombreux acteurs, dans toutes les régions de France, le SEA-UNSA ne comprend pas et refuse cette situation. Nous demandons à l'État de revoir sa copie.
Avec notre fédération l’UNSA Éducation, nous demandons une audience au ministère du Travail et à Matignon.
Notre objectif : peser, à notre niveau, pour mettre en évidence l'incohérence de ce choix budgétaire :
- incohérent avec les territoires et la ruralité ;
- incohérent avec la loi d'orientation agricole votée par le Parlement en 2025 ;
- incohérent avec l'avenir que nous devons à nos jeunes.
Une loi qui proclame l’intérêt fondamental de la Nation et un budget qui le finance à zéro euro ne peuvent pas coexister. L’un des deux ment.
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