L’intersyndicale a démarré cette séance par la lecture d’une déclaration liminaire riche en sujets, vous pourrez la retrouver à la fin de ce compte-rendu.
Mise à disposition d’une veille réglementaire
L’administration a présenté la veille mensuelle qui va être mise en œuvre sur la thématique Santé et Sécurité au Travail et qui sera disponible sur Resana.
Elle présentera plusieurs volets importants pour les acteurs de prévention comme la santé et sécurité au travail, les équipements de protection individuelle, les locaux de travail, les évolutions propres aux établissements recevant du public, la qualité de vie au travail et les risques psycho-sociaux, les notes d’autres ministéres (comme le ministére de l’Intérieur), les congés maladie, la médecine du travail, les accidents de travail et maladies professionnelles.
L’UNSA se réjouit de la reprise de cette veille qui avait été abandonnée mais qui permet à tous les acteurs de la prévention de connaître les évolutions et la mise à jour des textes. Cette veille chronophage est trop souvent oblitérée par les assistants et conseillers de prévention, du fait du peu de temps dont ils disposent pour cette mission, ce que dénonce l’UNSA depuis de nombreuses années.
Bilan 2025 des Inspecteurs Santé et Sécurité au Travail
Le rapport d’activités des ISST sur l’année 2025 a été présenté en instance. Ce rapport réalisé en toute transparence met en évidence des anomalies/non-conformités qui doivent être corrigées dont certaines dans l’urgence.
- Évaluation des risques non mise à jour régulièrement et culture de la prévention insuffisamment structurée.
- Instances de dialogue/concertation dont on doit renforcer le rôle + formation des membres de la CoHS.
- Du fait de l’absence de couverture par la médecine du travail et de la couverture dégradée, pas d’actions de prévention mises en œuvre dans les services.
- Agents de prévention : ils ne sont pas mis en valeur et disposent de peu de temps, donc le turn-over est important. Il est nécessaire de travailler sur l’attractivité et la professionnalisation (groupe de travail à venir).
- Retex et analyse des Accidents de travail/Maladies Professionnelles : analyses insuffisantes, peu mobilisées.
- Densification des locaux et organisation du travail : impact sur les conditions de travail peu évalué et nécessité de concertation en amont.
- Risques techniques et environnementaux : qualité air, Amiante/Plomb et suivi des équipements de travail sont à améliorer.
- Facteurs humains : gestion de crises sanitaires, reset Brexit, Fermeture abattoir générent de l’anxiété, du stress, de la fatigue… dans les services.
- Enseignement agricole : non-respect de la réglementation des travaux interdits/ réglementés pour les jeunes 15-18 ans, tant dans les ateliers et les exploitations agricoles des EPLEFPA que chez les maitres de stage.
En l’absence d’un plan d’actions présenté par l’administration face à ses non-conformités constatées, l’UNSA a dénoncé la trop lente inertie de l’administration face à ces constats, notamment pour les travaux interdits des mineurs, dont les conséquences peuvent être graves. L’UNSA a demandé des actions concrétes à l’administration et elle a salué la transparence du rapport des ISST qui va permettre des actions correctives et un suivi par les membres de la formation spécialisée du CSA ministériel.
Programme National de Prévention (PNP)
Une présentation de l’avancée du Programme National de Prévention (PNP) a été faite lors de l’instance. A noter la mise en œuvre d’un contrat de recherche pluriannuel avec un laboratoire, un travail sur les risques chimiques (notamment suite à un accident en SIVEP). Le coordonnateur des ISST a aussi présenté l’enquête DGAFP réalisée sur la place et le rôle des assistants de prévention.
L’Observatoire de la Santé, Sécurité et Conditions de travail sera lancé le 4 mai. Il a trois objectifs principaux : permettre l’analyse et la poursuite d’une cartographie des risques au MAASA, prospecter sur l’anticipation de risques émergents (climatiques, structurels, humains) et enfin suivre et adapter le PNP.
EPL de Mayotte et Télémédecine
Cette formation spécialisée a aussi été l’occasion de faire deux focus : l’un opérationnel, l’autre territorial.
La situation à Mayotte a fait l’objet d’un retour de la part d’un représentant de la DAAF et de la direction de l’EPL de Coconi. Il est fait état d’insécurité (agressions d’agents, risques routiers, absence de système d’alarme incendie, vols de matériel et d’animaux) et de conditions de travail difficiles (locaux dégradés, ambiance thermique difficile à supporter, absence de médecine du travail). Certains points, notamment sur l’alarme incendie ou la rénovation des locaux sont en cours mais les entreprises manquent de disponibilité et tous les travaux prennent du temps).
Le second point concernait l’expérimentation de la télémédecine en région Grand-Est et Bourgogne-Franche-Comté, ceci afin de garantir la continuité du suivi médical dans les territoires déficitaires en médecine de prévention. Les objectifs poursuivis sont de tester une solution de téléconsultation externalisée, d’évaluer la faisabilité technique, juridique et l’acceptabilité par les agents, de capitaliser les retours pour un déploiement élargi. Ce système présente des avantages comme la disponibilité médicale et les coûts maitrisés mais ne permet pas le 1/3 temps et les actions en milieu du travail (fiches de risque, visite de locaux…). L’administration prend en compte également le risque de la faible adhésion des agents et prévoit une campagne d’information, de sensibilisation accompagnée d’une démonstration. Il faudra voir aussi si des problèmes techniques surviennent, si l’administration ne se met pas en défaut avec le RGPD.
L’UNSA a fortement insisté pour que cette solution n’empêche pas le maintien de la recherche d’une médecine de prévention par les structures et par le ministère. Elle doit bien rester une solution alternative pour pallier l’absence de suivi médical des agents mais en aucun cas être considérée comme une solution pérenne, notamment du fait de l’absence de connaissance de nos métiers et de nos outils de travail par les interlocuteurs.
Enquête DGAFP
L’enquête DGAFP sur le réseau des assistants de prévention (AP) a été présentée. Cependant, les chiffres concernent tous les ministéres et la demande a été faite d’une extraction des chiffres des agents MAASA. La DGAFP a répondu favorablement mais cela prend du temps.
L’enquête a été dépouillée par l’INTEFP (Institut de Formation des Inspecteurs du Travail). Cette enquête a mis en évidence une fragilité des assistants de prévention qui ne se sentent pas pilotes auprés de la Direction, et sont sous-représentés dans l’élaboration du plan annuel de prévention des risques professionnels, l’analyse des accidents du travail. A contrario, ils retrouvent toute leur place dans la réalisation et l’évaluation du DUERP. Les AP estiment prioritaires le cadre réglementaire, l’engagement du chef de service et l’implication des encadrants mais ils manquent de temps et de moyens pour réaliser leurs missions.
L’UNSA rejoint l’analyse que cette mission nécessite du temps et doit être mieux valorisée. Elle porte d’ailleurs cette revendication depuis de nombreuses années et attend des prochains groupes de travail sur les AP que des propositions concrètes soient faites dans ce sens par l’administration.
Cette réunion a aussi été l’occasion d’évoquer la Note de Service sur les congés maladie qui date de 2019 (2019-344) et est obsolète sur un certain nombre de dispositifs. Une présentation sommaire en a été faite. Elle contiendra ainsi de nombreuses fiches pratiques actualisées et des modèles de documents, ainsi qu’un arbre de décisions pour être plus opérationnelle.









